24 novembre 2017 : Répartition et choix des protéines sur les repas de la journée

Le vieillissement est caractérisé par le changement de nombreuses fonctions biologiques pouvant gravement altérer la qualité de vie des personnes âgées. Parmi les altérations liées au processus de sénescence, la fonte musculaire, encore appelée sarcopénie, correspond à une perte de la masse, de la qualité et de la force des muscles squelettiques. Les conséquences de cette fonte musculaire sont multiples (faiblesse, fatigabilité, risque accru de chutes et de fractures, perte d’autonomie) et contribuent au surcoût de dépenses de santé associé à la surmorbidité de cette population. Il est donc important de comprendre les mécanismes à l’origine de la perte musculaire qui accompagne le vieillissement afin d’élaborer des stratégies nutritionnelles visant à ralentir l’évolution vers la dépendance et la perte d’autonomie.

Le maintien de la masse protéique corporelle est sous l’influence permanente de deux mécanismes à l’équilibre chez l’adulte, la synthèse (anabolisme) et la dégradation (catabolisme) des protéines du muscle. Ces deux composantes du métabolisme protéique dépendent de nombreux facteurs comme l’apport nutritionnel, notamment en protéines et en énergie, les différentes régulations hormonales ou encore l’exercice physique. La synthèse des protéines exige des apports adéquats en acides aminés, qu’ils proviennent de l’alimentation ou de leur recyclage à la suite de la protéolyse et une réponse appropriée de l’insuline. Elle nécessite également un substrat énergétique suffisant et elle pourra être ralentie par un déficit énergétique chronique. La signalisation intracellulaire qui va déclencher l’anabolisme constitue un troisième facteur important de la synthèse protéique.

 

Malgré l’abondance des travaux et des hypothèses dans ce domaine, les mécanismes de la sarcopénie restent encore mal connus. Comme évoqué précédemment, la diminution de la masse de protéines musculaires est obligatoirement consécutive à un déséquilibre entre protéolyse et protéosynthèse. Les études chez l’homme ont montré une diminution progressive de la synthèse des protéines musculaires, y compris des protéines de l’appareil contractile et des mitochondries, avec l’avancée en âge. Des travaux sur la question, émerge l’idée que le vieillissement s’accompagne d’une moindre réponse anabolique à la prise alimentaire plutôt qu’une perturbation basale du renouvellement protéique. À jeun, le bilan protéique est négatif en raison d’un niveau de synthèse inférieur à celui de la protéolyse. À l’inverse, le bilan protéique postprandial est positif avec une synthèse protéique augmentée et un catabolisme diminué lors de la prise d’aliments, notamment lorsqu’ils sont riches en protéines chez l’adulte jeune. La capacité de réponse de la synthèse protéique à différents facteurs nutritionnels, notamment les protéines alimentaires ou l’administration orale d’acides aminés, est altérée au cours du vieillissement. De la même façon au-delà des perturbations du métabolisme glucidique, une insulinorésistance du métabolisme des protéines, c’est-à-dire une moindre réponse anabolique, a été démontrée chez les sujets âgés par rapport à des sujets jeunes. En d’autres termes, le muscle du sujet âgé serait plus “résistant” à l’action des facteurs anaboliques pour des apports protéiques normaux et encore davantage lorsque les ingesta protéiques se réduisent.

 

A partir de ces travaux, plusieurs stratégies visant à contrecarrer le phénomène de résistance anabolique ont été proposées : 1) augmenter les apports protéiques, 2) ajouter des acides aminés essentiels pour stimuler la synthèse, 3) augmenter l’efficacité des apports protéiques - en jouant sur la distribution journalière des protéines ou sur la vitesse de digestion protéique, 4) en combinant l’apport protéique à d’autres composés nutritionnels susceptibles d’amplifier la réponse anabolique (vitamine D, AGPI, antioxydants) ou en associant cet apport avec une activité physique de type résistance de préférence.

 

 

 

 
 
 
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Professeur Yves BOIRIE

Chef du service de nutrition clinique

CHU Gabriel Montpied – Clermont-Ferrand

30 mai 2018 (Ussel) : Bien manger pour bien vivre : le problème de la dénutrition

La dénutrition est la conséquence d’un déséquilibre entre les apports en calories et/ou protéines insuffisants et des besoins de l’organisme qui sont souvent augmentés. La dénutrition touche de 4 à 10% des personnes âgées à domicile, de 30 à 50% des patients hospitalisés adultes, de 20 à 40% des résidents en EHPAD.

5 juin 2018 (Saint Privat) : Bien manger pour bien vivre : le problème de la dénutrition

La dénutrition est la conséquence d’un déséquilibre entre les apports en calories et/ou protéines insuffisants et des besoins de l’organisme qui sont souvent augmentés. La dénutrition touche de 4 à 10% des personnes âgées à domicile, de 30 à 50% des patients hospitalisés adultes, de 20 à 40% des résidents en EHPAD.

26 juin 2018 (Saint Pantaléon de Larche) : Bien manger pour bien vivre : le problème de la dénutrition

La dénutrition est la conséquence d’un déséquilibre entre les apports en calories et/ou protéines insuffisants et des besoins de l’organisme qui sont souvent augmentés. La dénutrition touche de 4 à 10% des personnes âgées à domicile, de 30 à 50% des patients hospitalisés adultes, de 20 à 40% des résidents en EHPAD.

12 avril 2018 (Lubersac) : Bien manger pour bien vivre : le problème de la dénutrition

La dénutrition est la conséquence d’un déséquilibre entre les apports en calories et/ou protéines insuffisants et des besoins de l’organisme qui sont souvent augmentés. La dénutrition touche de 4 à 10% des personnes âgées à domicile, de 30 à 50% des patients hospitalisés adultes, de 20 à 40% des résidents en EHPAD.

26 avril 2018 (Seilhac) : Bien manger pour bien vivre : le problème de la dénutrition

La dénutrition est la conséquence d’un déséquilibre entre les apports en calories et/ou protéines insuffisants et des besoins de l’organisme qui sont souvent augmentés. La dénutrition touche de 4 à 10% des personnes âgées à domicile, de 30 à 50% des patients hospitalisés adultes, de 20 à 40% des résidents en EHPAD.

15 mars 2018 : Les dangers des régimes pour la personne âgée

La sarcopénie est caractéristique du vieillissement. Elle s’accompagne d’une diminution de la force musculaire et de la fonction musculaire. Elle peut favoriser les chutes et faire rentrer le sujet âgé dans un cercle vicieux en cas de fractures. L’obésité n’est pas incompatible avec la sarcopénie. Elle peut même être un facteur favorisant.

24 novembre 2017 : Diagnostic et traitement des pathologies dentaires du sujet âgé et/ou handicapé

Les pathologies dentaires sont susceptibles de générer des troubles nutritionnels, via les incidences sur les différentes phases du processus de déglutition, l'apparition de fausses routes alimentaires potentiellement septiques, et les impacts de la mise en texture des aliments et boissons.

24 novembre 2017 : Répartition et choix des protéines sur les repas de la journée

Le vieillissement est caractérisé par le changement de nombreuses fonctions biologiques pouvant gravement altérer la qualité de vie des personnes âgées.

24 novembre 2017 : Diabète et dénutrition

L'homéostasie glucidique est soumise à d'importantes contraintes: besoin cérébral permanent de glucose, contrastant avec un apport alimentaire intermittent, ce qui rend indispensable une régulation.

30 mars 2017 : Les FODMAPs : ces amis qui ne nous veulent pas que du bien !

FODMAPs est l’acronyme anglosaxon pour « Fermentable Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides And Polyols », autrement dit des hydrates de carbone à chaîne courte, peu absorbés et fermentescibles. Ces sucres sont présents dans plusieurs catégories d’aliments telles que produits laitiers, céréales, légumineuses, légumes et fruits. Ils sont aussi de plus en plus présents dans l’alimentation occidentale du fait de leur ajout dans les produits industriels (inuline, FOS, édulcorants, sirop de maïs riche en fructose). S’ils ont des effets bénéfiques pour la santé bien démontrés en agissant sur le microbiote, ...